𝐋𝐚 𝐜𝐡𝐮𝐭𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐬𝐪𝐮𝐞𝐬: 𝘱𝘰𝘦̀𝘮𝘦

27.02.2026
„Le Désespéré”, Gustave Courbet, 1843-1845 | Temps de lecture: 10 minutes
„Le Désespéré”, Gustave Courbet, 1843-1845 | Temps de lecture: 10 minutes


Au commencement tombèrent les feuilles des masques seigneuriaux,

et voici que surgissent, dans l'ombre des cascades, les hyènes.

Les plumes se sont détachées des corps fastueux des paons:

ils ont fui, prompts, avant que les douanes ne consignent leurs noms.

Ils se sont préparés ensuite avec soin, avec patience, avec méthode,

travaillant à l'abrutissement lent du peuple qui les avait portés.

Ils ont distordu nos mémoires, puis effacé les traces de l'avenir,

lacérant les tableaux des ancêtres,

ruminant longuement le déploiement des horreurs.

Ils ont dressé les décors selon la volonté des démons,

s'inclinant devant les élus et leurs légions.

Les morts se sont rassemblés de nouveau à la table des orgies;

ils ont cultivé avec soin la conduite des abjects.

Les pétales ont commencé à tomber des corsets des dames;

les eaux elles-mêmes se sont divisées dans le sillage des bastions.

Les enfants sont partis vers des terres étrangères —

les uns librement, les autres sous la contrainte des bêtes.

Les feuilles ont commencé à tomber des ailes des cigognes,

et dans l'ignorance, les corneilles ont envahi nos cieux.

Elles ont écrasé les moineaux dans leurs étreintes ensorcelées,

les colombes ont brûlé — et les étoiles sont demeurées stupéfaites.

Les masques ont commencé à glisser des visages des candidats,

et certains murmurent encore : « Je ne sais plus à qui confier ma voix.»

Je me suis assis sur un banc, contemplant le mouvement de l'univers,

et voici que je note de nouveau les signes du temps.

Je me suis assis sur un banc, auprès de la révélation divine,

observant avec tendresse ma plume —

et soudain j'entends une voix sublime :

«Nous sommes les enfants du Seigneur, et tels nous demeurerons.

Nous votons avec l'amour, la noblesse, la compassion,

avec l'humilité — au nom de la patrie qui nous a portés.

Nous ne connaissons pas l'envie, ni la trahison, ni l'indifférence,

comme aucune fleur n'envie sa sœur,

comme les teintes du ciel ne jalousent pas la mer. »

Les feuilles ont commencé à tomber des masques seigneuriaux.

À la fin, les Roumains aussi ont compris le sens du voyage.

Au nom de la patrie qui nous a portés.

Nicoll-Hellen M.

10 septembre 2019


Catégories: Poésie civique, Symbolisme religieux, Allégorie morale

Genre: Vers libre allégorique / Poème civique visionnaire

Style: Néosymboliste, prophétique, rhétorique

Niveau de lecture: Lecteur littéraire avancé